Le logement neuf canadien retombe à 229 074 mises en chantier en juillet, Vancouver s'effondre de 42 %
Les mises en chantier canadiennes ont reculé de 5 % en juillet, à un rythme annuel de 229 074 unités. Vancouver perd 42 % sur un an et Toronto 10 %, indique la SCHL.
La Société canadienne d'hypothèques et de logement (Canada Mortgage and Housing Corporation) a annoncé le 18 août 2026 que le rythme annuel désaisonnalisé des mises en chantier était tombé à 229 074 unités en juillet, soit 5 % sous les 240 773 de juin. Hors annualisation, les constructeurs ont lancé 18 834 logements dans les agglomérations de 10 000 habitants et plus, 19 % de moins que les 23 155 de juillet 2025.
Une seule ville porte l'essentiel du recul
Le chiffre national masque de grands écarts. Vancouver affiche une baisse de 42 % sur un an, le collectif comme l'individuel étant en retrait. Toronto cède 10 %, sous l'effet du segment collectif. Montréal prend le chemin inverse, en hausse de 3 %, également grâce au collectif.
Tania Bourassa-Ochoa, économiste en chef adjointe de la CMHC, l'a dit sans détour : « Les résultats de juillet montrent que les mises en chantier continuent de se modérer... moins de nouveaux projets sont lancés dans de nombreux marchés, notamment à Vancouver, Calgary et Toronto. » Elle a ajouté que le volume de logements déjà en construction alimentera les achèvements pendant un certain temps encore.
Le pipeline continue de se vider
C'est ce dernier point qu'il faut retenir. Les achèvements ont atteint 19 773 unités en juillet, 8,1 % de plus qu'en juin : des logements arrivent donc encore sur le marché alors que les nouveaux chantiers se taisent. Derrière eux patientent 141 480 unités disposant d'un permis approuvé mais non entamées, 3 % de plus qu'en juin, un réservoir qui pourrait se remplir vite si les coûts de financement bougent.
La moyenne mobile sur six mois du rythme annuel s'établit à 247 377, en repli de 0,5 % par rapport à juin. Cette valeur plus lissée guide mieux sur la tendance que n'importe quel mois isolé ; la série des mises en chantier est assez volatile pour qu'une seule lecture établisse rarement un retournement.
Ce que cela change pour propriétaires et investisseurs
L'instantané canadien actuel de Glopra fait ressortir une moyenne de 4 320 dollars le mètre carré, un rendement locatif brut de 5,72 % et des prix inférieurs de 3,6 % sur douze mois. En appliquant la fiscalité locative standardisée des non-résidents de 20,72 % retenue par la méthodologie de Glopra, le rendement net avant charges avoisine 4,5 % : honorable face aux moyennes européennes, mais gagné sur un marché dont la ligne du capital est aujourd'hui négative.
Le ralentissement de la construction coupe dans les deux sens selon l'horizon. Moins de mises en chantier en 2026, c'est moins d'achèvements en 2028, donc une offre resserrée dans un pays qui manque de logements depuis des années. À court terme, c'est le signal net que les promoteurs ne croient pas que les prix d'aujourd'hui couvrent les coûts de construction d'aujourd'hui, un jugement qui pèse plus lourd que la plupart des enquêtes de confiance parce qu'il est rendu avec du capital. Le risque de bulle du Canada ressort à 45 sur 100 dans la notation de Glopra, dans la bande modérée, la principale incertitude étant la vitesse à laquelle ces 141 480 unités approuvées mais non lancées quitteront l'étagère.
Sources: Canada Mortgage and Housing Corporation, housing starts July 2026, 18 Aug 2026 https://www.cmhc-schl.gc.ca/media-newsroom/news-releases/2026/housing-starts-construction-data-july-2026; BNN Bloomberg, 18 Aug 2026 https://www.bnnbloomberg.ca/business/real-estate/2026/08/18/cmhc-reports-annual-pace-of-housing-starts-slowed-in-july/
Market data: Canada