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Chypre envisage des plafonds locaux alors que les nuitées de plateformes progressent de 22,3 %

Chypre comptait 8 464 logements de courte durée licenciés en mai face à 7,64 millions de nuitées en 2025. Les plateformes devront livrer des données mensuelles.

Au 6 mai 2026, Chypre recensait 8 464 hébergements en autonomie dotés d'une licence, soit environ 1,7 % des 492 931 logements comptabilisés au recensement de 2021. Sur ce même marché, les voyageurs ont réservé 7,64 millions de nuitées via Airbnb, Booking et Expedia en 2025, en hausse de 24,7 % sur 2024, puis un million de nuitées supplémentaires au premier trimestre 2026 — une progression annuelle de 22,3 %, la quatrième plus rapide de l'Union européenne. Cyprus Property News a dressé cet état des lieux le 1er septembre.

L'écart d'enregistrement

Les deux chiffres ne se réconcilient que si une large part de l'activité échappe au registre, et le rapport de juillet de la Cour des comptes le laisse penser. Sur vingt annonces examinées en ligne, six portaient un numéro de licence valide correspondant bien au bien concerné. Dix n'affichaient aucun numéro d'enregistrement. Quatre présentaient des numéros invalides ou renvoyant à un autre logement. Un échantillon distinct à Famagouste a relevé 23 annonces Airbnb et Booking totalement absentes des registres.

C'est d'abord un problème d'application, ensuite seulement un problème de politique publique. Un régime d'enregistrement incapable de vérifier les trois quarts d'un échantillon de vingt annonces ne peut pas soutenir des restrictions ciblées, faute de pouvoir établir où se situent réellement les concentrations.

Ce que changent les règles européennes

Le règlement (UE) 2024/1028 s'applique depuis le 20 mai 2026 et vise précisément à combler cet écart. Il instaure un système commun de collecte des données des plateformes, impose le numéro d'enregistrement sur les annonces, prévoit des contrôles de vérification aléatoires et oblige les plateformes à transmettre chaque mois des données sur les séjours, les nuitées et les unités. Pour la première fois, les autorités chypriotes disposeront de chiffres issus des plateformes à confronter à leur propre registre, sans dépendre d'un échantillonnage manuel.

Par ailleurs, l'Affordable Housing Act de la Commission européenne, attendu fin 2026, est rédigé de manière à permettre aux États membres de désigner des « zones de tension résidentielle », sans imposer de plafonds ni d'interdictions à l'échelle de l'UE. La logique retenue est celle d'une intervention au niveau du quartier, non d'une prohibition nationale.

La question de la causalité reste ouverte

Aucun constat officiel chypriote ne désigne la location de courte durée comme cause première des tensions du logement. La Banque centrale attribue l'évolution des prix avant tout à la demande étrangère, à la demande intérieure et aux coûts de construction. Cela pèse sur ce qu'une future restriction pourra défendre : le critère probable sera local et fondé sur des preuves, ce qui obligerait une municipalité à produire des données de quartier attestant une éviction avant de justifier un plafond.

Pour les investisseurs, la lecture pratique est que Chypre construit d'abord son appareil de mesure. La série chypriote de Glopra affiche une moyenne nationale de 2 910 dollars le mètre carré, un rendement locatif brut de 4,88 % et une fiscalité effective standardisée de 0 % sur les revenus locatifs des non-résidents dans le cas de référence — la combinaison qui a rendu l'île attractive pour la détention en courte durée. Le risque de bulle ressort modéré, à 41 sur 100. Aucune des propositions actuelles ne modifierait la position fiscale ; ce qu'elles changeraient, c'est quelles unités peuvent opérer légalement, et où.

Sources: Cyprus Property News (short-let rules and housing pressure), 1 Sep 2026 https://news.cyprus-property-buyers.com/2026/09/01/cyprus-short-let-rules-housing-pressure/id=00173126

Market data: Cyprus