La France a autorisé 29 577 logements en juillet, les mises en chantier bondissant de 8,9 %
La France a autorisé 29 577 logements en juillet 2026, en baisse de 2,5 % sur juin, tandis que les mises en chantier progressaient de 8,9 %. Les permis restent 9,5 % sous la norme quinquennale.
Le service statistique officiel de la construction, le SDES, a publié ses données de juillet le 28 août. Constructeurs et promoteurs ont obtenu l'autorisation de 29 577 logements au cours du mois, soit 2,5 % de moins qu'en juin en données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables. Les mises en chantier ont pris le chemin inverse : 27 677 logements ont effectivement démarré, une progression mensuelle de 8,9 %.
Un flux toujours inférieur à sa propre norme quinquennale
Les relevés d'un seul mois pèsent moins que le cumul glissant, et c'est là que le tableau français demeure inconfortable. Sur les douze mois à fin juillet 2026, 370 673 logements ont été autorisés sur l'ensemble du territoire. Le SDES rapporte ce total à la moyenne des cinq années précédentes : le déficit atteint 9,5 %.
Le même dossier autorise une seconde lecture, plus constructive. Les autorisations mensuelles de janvier à juillet 2026 se sont situées 1,4 % au-dessus de la moyenne mensuelle enregistrée sur l'ensemble de 2025. La France n'a pas retrouvé son rythme de long terme en matière de permis, mais elle ne s'en éloigne plus.
Les mises en chantier, moitié volatile de la série
La série mensuelle des mises en chantier a fortement oscillé en 2026 : +17,8 % en mai, −5,6 % en juin, puis +8,9 % en juillet. Chaque point isolé doit être lu comme du bruit autour d'une tendance et non comme un retournement. Le SDES impute la faiblesse de juin principalement à un repli des autorisations de logements collectifs, les permis de maisons individuelles restant quasi stables — une distinction qui compte, car les opérations collectives supposent des délais plus longs entre le permis et le premier coup de pelle.
Ce décalage est le mécanisme à surveiller. Les mises en chantier plus vigoureuses de juillet sont alimentées par des permis délivrés il y a plusieurs mois, à un moment où le vivier d'autorisations était déjà mince. Si les autorisations demeurent 9,5 % sous la moyenne quinquennale, la série des mises en chantier devra tôt ou tard suivre.
Ce qu'une offre étroite signifie pour les prix
La fiche de marché de Glopra situe le logement français à 3 419 dollars le mètre carré au niveau national — une donnée fondée sur les transactions, couvrant l'ensemble du parc et non le seul segment de la revente parisienne — pour un rendement locatif brut de 4,83 %. La progression annuelle des prix n'atteint que 0,1 % en monnaie locale.
Cette combinaison — offre neuve contrainte et prix quasi immobiles — décrit un marché où la contrainte vient de la demande, non du foncier. Les acquéreurs français supportent environ 9,1 % de coûts de transaction totaux et une imposition effective des revenus locatifs d'environ 27,5 % dans le cas standardisé du non-résident, l'une comme l'autre parmi les plus lourdes des marchés européens suivis par Glopra. Notre score de risque de bulle pour la France s'établit à 39, dans la bande modérée, reflet de ratios de valorisation déjà corrigés en termes réels.
La lecture équilibrée est qu'un déficit d'offre durable soutient les prix à moyen terme, tandis que des coûts d'entrée élevés et une croissance nominale atone plafonnent le rendement à court terme. Quiconque modélise des rendements résidentiels français doit noter que la variation nominale des prix de 2,0 % sur cinq ans devient nettement négative une fois retranchée l'inflation des prix à la consommation sur la même période.
Sources: SDES, French Ministry for Ecological Transition, 28 Aug 2026 https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/construction-de-logements-resultats-fin-juillet-2026-france-entiere
Market data: France