En France, l'accès à la propriété se fracture nettement selon le revenu au sein de chaque génération
Une étude publique française sur 36 ans d'enquêtes logement : chez les 40-50 ans les plus modestes, le taux de propriétaires est passé de 43 % à 16 %.
Le taux de propriétaires en France grimpe toujours fortement avec l'âge : 5 % des ménages dont la personne de référence a 15 à 24 ans, 54 % à 35-44 ans, 73 % à 65-74 ans. Ce qui a changé se joue à l'intérieur d'une même tranche d'âge. Chez les ménages nés dans les années 1970, 59 % de ceux du dixième de revenu le plus élevé étaient propriétaires entre 30 et 40 ans, contre 11 % du dixième le plus bas. Pour les générations nées dans les années 1980, les deux extrémités se sont écartées davantage encore : 64 % contre 12 %. Les chiffres proviennent d'une étude publiée le 25 septembre 2026 par le service statistique du ministère français de la transition écologique, construite sur les enquêtes nationales logement menées entre 1984 et 2013 et sur l'enquête de 2020, en France métropolitaine.
Le dixième de revenu le plus faible a le plus reculé
À âge comparable, le recul est le plus marqué en bas. Parmi les ménages du dixième de revenu le plus faible âgés de 40 à 50 ans, le taux de propriétaires est passé de 43 % pour les générations des années 1940 à 24 % pour celles des années 1960, puis à 16 % pour celles nées dans les années 1970. C'est le chiffre qui porte toute l'étude.
L'effet de génération se lit aussi plus haut dans la distribution, mais il y est bien plus doux. Entre 45 et 54 ans, 64 % des ménages des générations 1950 étaient propriétaires, contre 59 % pour les générations 1960. Plus tôt dans la vie adulte, la direction est la même : entre 25 et 34 ans, 23 % des ménages nés entre 1960 et 1979 étaient propriétaires, contre 29 % pour ceux nés entre 1950 et 1959. À un glissement de cinq ou six points au milieu de la distribution répond un effondrement de 27 points tout en bas.
Les prix se sont détachés des loyers en six décennies
L'étude place une comparaison de long terme derrière cet écartement. Entre 1960 et 2020, les prix des logements anciens en France ont été multipliés par 67 alors que les loyers ont été multipliés par 19. Pour un ménage capable de réunir un apport, cette arithmétique transfère du patrimoine ; pour celui qui ne le peut pas, elle relève chaque année le prix d'entrée sans relever le loyer d'autant. C'est l'apport, et non la mensualité, qu'un faible revenu peine à constituer.
Le logement social s'est resserré comme voie d'entrée
Le second canal identifié par l'étude est le parc locatif social, qui accueillait autrefois les jeunes ménages avant l'achat. Parmi les personnes nées dans les années 1960, 27 % étaient locataires du parc social avant 25 ans. Cette proportion tombe à 15 % pour celles nées dans les années 1980 et à 11 % pour celles nées dans les années 1990. Le chemin qui reliait jadis le départ du domicile parental à l'achat s'est rétréci à chaque génération.
Où en est le marché français aujourd'hui
La ligne France de Glopra, datée du 22 septembre 2026, situe le prix affiché national à 3 642 dollars le mètre carré et le loyer affiché national à 16,23 dollars le mètre carré et par mois, tous deux issus du même éditeur d'annonces pour le même mois, ce qui donne un rendement locatif brut d'environ 5,3 %. La tendance des prix affichés sur douze mois est de +0,1 % en euros et de −2,6 % une fois l'effet de change retiré ; sur cinq ans les prix progressent de 2 % et sur dix ans de 25,4 %. Notre score de bulle de 39 place la France dans la bande modérée, les frais de transaction atteignent 9,1 % du prix d'achat, l'imposition effective standardisée des revenus locatifs pour un non-résident ressort à 27,5 % dans une fourchette de 26,04 % à 37,86 %, et la propriété est pleine et entière, sans restriction pour les acheteurs étrangers.
Ces deux séries de chiffres répondent à des questions différentes et ne se contredisent pas. L'étude ministérielle mesure qui est propriétaire, suivie par génération de naissance et par dixième de niveau de vie sur 36 ans d'enquêtes ; notre +0,1 % est un mouvement sur douze mois des prix affichés nationaux. Une année de prix étale ne desserre pas une barrière d'entrée qui a mis six décennies à se former. Deux limites méritent d'être dites : l'étude ne couvre que la France métropolitaine, et elle classe les ménages par dixième de niveau de vie, non par quartile.
Sources: Service des donnees et des etudes statistiques (SDES), Au fil des generations, les menages plus modestes sont de moins en moins proprietaires, collection Reperes, published 25 September 2026 https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/au-fil-des-generations-les-menages-plus-modestes-sont-de-moins-en-moins-proprietaires; SDES, full publication PDF, September 2026 https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/media/9754/download?inline
Market data: France