Grèce : les permis de construire stagnent en mai, mais l'année progresse de 8,8 %
La Grèce a délivré 2 695 permis de construire en mai 2026, en repli de 0,8 % sur un an, mais le cumul sur douze mois atteint 31 155 permis, en hausse de 8,8 %.
La Grèce a délivré 2 695 permis de construire en mai 2026, soit 0,8 % de moins qu'en mai 2025, selon la publication d'ELSTAT sur l'activité de construction relayée le 28 août. La surface de plancher couverte par ces permis a progressé de 4,2 %, à 593 619 mètres carrés, tandis que le volume autorisé reculait de 3,4 %, à 2 508 628 mètres cubes. Un titre plat, donc, dont le détail tire dans deux directions.
L'oscillation mensuelle pèse moins que la trajectoire annuelle. Sur les douze mois allant de juin 2025 à mai 2026, la Grèce a autorisé 31 155 permis — 8,8 % de plus que les douze mois précédents — portant sur 7 187 501 mètres carrés, en hausse de 13,3 %, et 34 378 018 mètres cubes, en hausse de 19,3 %.
Des bâtiments plus grands, pas seulement plus nombreux
Les trois taux de croissance racontent l'essentiel. Un volume en hausse de 19,3 % face à un nombre de permis en hausse de 8,8 % signifie que le bâtiment autorisé moyen est sensiblement plus grand qu'il y a un an. La surface de plancher, qui progresse de 13,3 % et donc moins vite que le volume, va dans le même sens tout en suggérant des hauteurs sous plafond supérieures, ou un glissement du mix vers des bâtiments comportant davantage d'espaces de service : hôtels, immeubles à usage mixte et grands programmes résidentiels plutôt que maisons individuelles.
Pour les investisseurs, cette composition compte davantage que le décompte. Un cycle de construction porté par de grands projets multi-logements livre l'offre par blocs, avec de longs délais, et la concentre là où les promoteurs peuvent financer l'échelle.
L'État n'est presque pas de la partie
Sur les 2 695 permis de mai, 2 669 étaient privés — un peu plus de 99 % — et les 26 permis du secteur public représentaient 2,1 % du volume autorisé. Les chiffres privés sur douze mois ont accéléré plus vite que les totaux nationaux : permis en hausse de 9,0 %, surface de plancher de 14,0 %, volume de 19,9 %.
Le rebond de la construction en Grèce est donc financé presque intégralement par le privé. Cela le rend sensible aux conditions de crédit et à la demande étrangère, et vulnérable aux deux. Cela signifie aussi que l'offre de logements publics qui atténuerait la pression sur l'accessibilité, aujourd'hui au cœur du débat politique grec, n'est pas, au vu de ces données, en train d'être autorisée.
Ce que montre en dessous la base de prix
Glopra suit la Grèce à 2 926 dollars le mètre carré à l'échelle nationale, avec un rendement locatif brut de 4,38 % et une croissance annuelle des prix de 5,7 % en monnaie locale. Athènes se situe à 3 481 dollars le mètre carré, avec un rendement brut supérieur de 5,52 % et une croissance annuelle de 5,2 % — configuration inhabituelle, la capitale offrant de meilleurs revenus que la moyenne nationale plutôt que de moins bons.
Notre score de risque de bulle pour la Grèce s'établit à 74, dans la bande élevée, et Athènes affiche le même 74. Cette lecture reflète des ratios de valorisation mesurés à l'aune de l'historique de prix propre à la Grèce, lequel est remonté fortement depuis son point bas d'après-crise.
Pour un acheteur, l'équilibre se présente ainsi. L'offre s'étoffe de près de 9 % par an en nombre de permis, ce qui devrait finir par desserrer la pression sur les prix. En face, la fiscalité effective standardisée sur les revenus locatifs atteint 18,07 % et les frais de transaction totaux avoisinent 12,1 % — une combinaison qui exige une détention de plusieurs années avant que l'aller-retour soit rentabilisé, quelle que soit la direction que prendront ensuite les prix.
Sources: ELSTAT building activity release via Oikonomikos Tachydromos (ot.gr), 28 Aug 2026 https://www.ot.gr/2026/08/28/oikonomia/akinita/oikodomiki-drastiriotita-oriako-frenarisma-ton-maio-tou-2026-anathermansi-to-teleytaio-12mino