Se loger en location prend désormais 39 % du revenu des ménages espagnols, dix points de plus qu'acheter
Au deuxième trimestre 2026, les locataires espagnols ont consacré 39 % du revenu net médian au loyer, contre 29 % pour un crédit, selon idealista. La province de Málaga atteint 58 %.
Une étude d'idealista publiée le 18 août 2026 a mesuré la part du revenu net d'un ménage espagnol médian qui part dans le logement, avec un résultat qui renverse l'idée reçue. La location a absorbé 39 % du revenu au deuxième trimestre 2026. L'achat — les mensualités d'un prêt moyen aux taux en vigueur de la Banque centrale européenne — en a absorbé 29 %. Les dix points d'écart jouent dans le mauvais sens pour quiconque ne parvient pas à réunir un apport.
Málaga 58 %, Teruel 18 %
À l'échelle des provinces, la dispersion est sévère. Málaga exige 58 % du revenu médian pour se loger en location, le niveau le plus élevé du pays. Les Baléares dominent le classement de l'achat à 48 %. À l'autre extrémité, Teruel affiche 18 % pour la location et 11 % pour l'achat. Parmi les chefs-lieux, Palma demande 45 % pour louer et 48 % pour acheter — la seule grande ville où l'achat pèse le plus lourd. Suivent Málaga avec 40 % en location et 35 % à l'achat, puis Valence à 39 %, Madrid et Alicante à 38 %, et Barcelone à 34 % en location contre 32 % à l'achat. Ségovie, Santa Cruz de Tenerife et Las Palmas de Gran Canaria dépassent toutes 30 % côté location.
L'argument de l'offre
idealista impute la persistance de ces ratios à la rareté plutôt qu'à des chocs de demande : la hausse des prix provoquée par une offre limitée maintient les deux taux d'effort à un niveau élevé. La méthodologie croise la base de loyers et de prix d'idealista avec les revenus des ménages de l'Instituto Nacional de Estadística et des conditions de crédit dérivées des taux de la BCE — ce qui signifie que le chiffre de l'achat bouge avec les taux, celui de la location non.
Ce que cela donne dans les comptes d'un propriétaire
L'instantané espagnol de Glopra au 17 août 2026 relève une moyenne nationale de 2 331 dollars le mètre carré, en hausse de 12,8 % sur douze mois, pour un rendement locatif brut de 5,45 % et un rapport prix/revenu de 8,6. Le score de bulle s'établit à 61, à la lisière basse de la bande élevée. Ces chiffres et l'étude d'idealista décrivent le même phénomène par deux faces : un rendement de 5,45 % ne tient que si les locataires peuvent continuer à payer, et un taux d'effort national de 39 % approche le point où ils ne le peuvent plus. L'Espagne supporte en outre des coûts de transaction d'environ 15,3 % selon la mesure normalisée de Glopra — parmi les plus élevés d'Europe occidentale —, ce qui allonge la durée de détention nécessaire pour qu'un achat s'équilibre sur les seuls loyers.
Le contrepoids
Une réserve s'impose à côté de ces chiffres. L'effort d'achat de 29 % suppose un acquéreur qui dispose déjà de l'apport et remplit les conditions d'un prêt moyen ; il ne dit rien du nombre de ménages qui passent ce test. Les taux d'effort confrontent par ailleurs le revenu médian à des loyers d'annonce moyens : les ménages de la moitié basse de la distribution des revenus subissent donc en pratique bien plus que 39 %. Ces chiffres décrivent la pression exercée sur le marché, non la situation d'un acheteur ou d'un locataire en particulier.
Sources: idealista/news (18 Aug 2026) https://www.idealista.com/news/inmobiliario/vivienda/2026/08/18/910335-el-esfuerzo-para-alquilar-se-eleva-al-39-superando-en-10-puntos-al-necesario-para